Le lac temporaire de Racetrack Playa se trouve en Californie, à 35 km à l'Ouest de la célèbre Vallée de la Mort (Death Valley). Il s'agit d'une dépression fermée et endoréique, à fond plat. Ce fond plat correspond en fait à un dépôt d'argile très fine qui sédimente au fond d'un lac temporaire, mis en eau à la saison humide, lors de la fonte des neiges, ou après de gros orages estivaux.Le lac temporairement asséché (pendant les périodes sèches) de Racetrack Playa en Californie est parcouru de traces mystérieuses montrant que de gros blocs de roche (30 m de diamètre pour celui-ci) se sont déplacés quand la boue du lac était encore humide, et ont laissé une trace derrière eux.
Que ces centaines de blocs aient été déplacés par des centaines de farceurs pour monter un gigantesque canular est peu vraisemblable. En effet, ces blocs se sont déplacés sur une boue « meuble » comme l'attestent les bourrelets latéraux du sillon et, surtout, le bourrelet frontal devant les blocs. Et quand la boue de ce lac est encore humide et meuble, un piéton y laisse des traces, traces qu'on ne voit pas ni à côté ni derrière chaque bloc mobile.
La première explication fait appel au vent. Quand le lac est « en eaux », sa profondeur est très faible vue l'horizontalité du fond. Les blocs dépassent de l'eau, mais leur base repose sur une argile éminemment glissante. Des vents qui, localement peuvent dépasser 120 km/h peuvent alors pousser et faire glisser les blocs, dans des directions sub-parallèles, mais avec des vitesses différentes dépendant de la friction au niveau de la base de chaque bloc. La deuxième explication fait appel à la glace et au vent. Les nuits d'hiver, la faible tranche d'eau peut geler sur quelques centimètres d'épaisseur. Sous la couche de glace subsiste une tranche d'eau. Les blocs sont pris dans la couche de glace, mais leurs parties hautes dépassent de la couche de glace. Si le lac n'est pas entièrement pris par les glaces, des « banquises » de plusieurs centaines de mètres carrés pourront dériver sur le reste du lac encore liquide ; en cas de vent, ces banquises pourront alors entraîner ensemble de nombreux blocs qui glisseront sur le fond. Cela peut expliquer le quasi absolu parallélisme de certaines trajectoires. Que ce soit avec ou sans glace, des variations de directions du vent entraîneront ces si énigmatiques variations de trajectoires.
D'autres explications sont disponibles sur ces sliding (gliding, sailing) stones, ainsi qu'une bibliographie complète, et en particulier la thèse de Paula Messina (360 pages, en anglais, en accès libre).
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